cabinet d’ostéopathie du château

La mémoire du corps : le cas du post partum

La mémoire du corps : le cas du post partum

22/12/2424

La mémoire du corps :

une approche ostéopathique

dans l’accompagnement de la

grossesse

Co-écrit par Julie Wipff et Florian Mandrillon, ostéopathes D.O

Une des bases de la réflexion et de la pratique en ostéopathie, c’est le fait que notre corps garde en mémoire des événements que nous avons vécu dans notre passé. Cette mémoire s’établit la plupart du temps forme de tensions, d’informations qui peuvent, si elles ne sont pas traitées, travaillées, rester toute la vie durant. Elles, ces tensions, informations, tendent à s’accumuler au fil du temps et créent une sorte de schéma de compensations avec lequel la personne va devoir composer au quotidien.

Pendant longtemps parfois, ces tension peuvent s’installer sans que la personne ne les sentent vraiment. Le corps garde pour le moment sa capacité d’adaptation. Au bout d’un moment, les capacités d’adaptations sont dépassées, le corps entre dans une phase de saturation qui s’exprime le plus souvent par la douleur (le système d’alerte du corps).

L’ostéopathie est vraiment la discipline de choix en ce qui concerne ce sujet: Lorsque l’ostéopathe pose ses mains sur le patient, il est en contact direct avec ce schéma de compensation et peut dire parfois avec une précision déroutante pour le patient ce qui s’est passé dans sa vie, comment les chocs ont été vécus par le corps. Surtout, après cette phase d’évaluation, l’ostéopathie permet de libérer les mémoires corporelles restées inscrites dans les tissus.

Le cas du post-partum/ de la femme-mère

Pour prendre un exemple parlant et comme le cabinet d’ostéopathie de la Villa Impériale de Compiègne a une orientation pour la femme et l’enfant parlons de ce qui se passe pour la femme après l’accouchement et durant les années qui suivent. Si le corps a une capacité d’adaptation extraordinaire, c’est bien durant la grossesse qu’il s’exprime le plus : durant la croissance du bébé, chaque organe se déplace, chaque muscle du dos, du bassin, modifie son fonctionnement, se renforce ou au contraire est mis au repos, les ligaments s’étirent parfois à l’extrême; toute la chimie du corps est modifiée pour accueillir ce petit être et lui permettre de se développer, se nourrir, etc. Toute la posture est bouleversée, jusqu’au moment de l’accouchement. En quelques heures, la femme enceinte met au monde son enfant et son corps commence alors son travail de rééquilibrage, c’est à dire le chemin pour retrouver son fonctionnement initial.

Tous les organes doivent retrouver leur place, les muscles et les articulations fonctionner comme quelques mois auparavant, le système hormonal doit changer également ses constantes (excluons le cas de l’allaitement qui compliquerait le sujet de cet article destiné à la vulgarisation). Tout ce qui avait mis presque 9 mois à s’adapter doit en un temps très court revenir au schéma initial. Cela peut être particulièrement difficile pour la mère dans certains cas et donner lieu à des douleurs, souvent pelviennes mais pas que (douleur au niveau du coccyx ou coccygodynie, sciatique, cruralgie, névralgie pudendale), des troubles de l’humeur pouvant aller jusqu’à un état dépressif. (blues du post-partum).

Source : htt ps: //osteoblog.over-blog.com/ 

Bien sûr, chaque femme est différente et le vécu de ce moment si particulier ne sera pas du tout le même d’une personne à l’autre. Mais il est une évidence de dire que la grossesse et l’accouchement est un moment fort dans la vie d’une femme, tant sur le plan physique, qu’émotionnel, et qu’il peut être un traumatisme dans certains cas. Nous savons que le corps de la femme met entre 3 et 24 mois à se remettre de cet événements et l’ostéopathie a toute sa place dans l’accompagnement de de celle-ci.

En pratique : consulter un ostéopathe après l’accouchement

Quand consulter ?

D’une manière générale, il est conseillé de venir consulter un ostéopathe en post-partum dans le mois qui suit l’accouchement. Souvent, nous proposons de fixer au préalable un rendez-vous de contrôle à deux ou trois semaines du terme prévu. Dans certains cas, quand l’accouchement a été difficile ou que la femme ressent des douleurs, il est possible de la recevoir dès les premiers jours en consultation. L’approche spécifique de la femme est douce et indolore, ce qui fait qu’il n’y a pas de contre-indication dans ce cadre

Comment se passe la séance ?

Lors de la séance, même si nous regardons spécifiquement l’état du diaphragme, de l’abodmen, du bassin et des structures pelviennes, l’attention en ostéopathie est toujours portée sur la globalité de la personne. Par exemple, selon les positions prises pendant l’accouchement il pourra y avoir des points particuliers à travailler au niveau du dos, des jambes, des bras.

Il faut toujours regarder précisément l’équilibre du bassin, qu’il y ait eu un accouchement par voie basse ou une césarienne. En effet, les pressions exercées sur le bassin ont été telles que le travail ostéopathique sur les sacro-iliaques, le coccyx, la symphyse pubienne, mais aussi les muscles psoas, iliaques est indispensable. Pour faire très simple, nous avons souvent l’impression que le bassin s’est « ouvert » et qu’il faut l’accompagner, doucement, à se « refermer », ou à revenir progressivement dans son état d’équilibre. D’ailleurs, cela rejoint beaucoup de pratiques existantes de « serrage du bassin », d’une certaine manière c’est une idée qui se rejoint.

Il y aurait beaucoup à dire sur ce qui se passe pour la mère lors des premières semaines et mois de maternité, au niveau du portage, de la modification du tonus musculaire, mais cela pourra faire l’objet d’un autre article plus complet.

 » Nous savons que le corps de la femme met

entre 3 et 24 mois à se remettre de cet

événements et l’ostéopathie a toute sa place

dans l’accompagnement de de celle-ci. « 

Image : source parents.fr

Prise en charge précoce femmes enceintes et jeunes mamans

La prise en charge précoce des femmes enceintes et mères est très importante car il est possible de limiter au maximum les conséquences physiques de cette période pour la vie future. En effet, il nous arrive quasiment quotidiennement de recevoir en consultation d’ostéopathie des femmes ayant eu un enfant il y a 10, 20 ou 30 ans et de sentir que la problématique du moment est causée par une mémoire physique d’un accouchement traumatique. Par exemple, nombre de sciatique, cruralgie, lumbagos à répétition, douleurs pelviennes chez une femme âgée de 40, 50 ou 60 ans, dont la médecine ne diagnostique par forcément la cause. Dans beaucoup de ces cas là, nous évaluons un déséquilibre du bassin, du sacrum, des muscles psoas iliaque (avec l’expérience et une main entrainée, il est assez simple de repérer précisément les mécanismes de pression s’étant exercés depuis l’intérieur du bassin, par le bébé, ce qui est très différent par exemple d’un traumatisme venu de l’extérieur comme une chute sur les fesses).

La fausse couche

L’exemple de la fausse couche est vraiment une illustration parfaite de la mémoire du corps et ses conséquences sur la femme.

Il est d’autant plus parlant que, souvent les femmes n’en parlent pas et cela est donc plus facilement enfoui (rappelez-vous de la phrase « ce qui ne s’exprime pas s’imprime »…). Le traumatisme émotionnel est souvent important, relié à tout ce qui touche la femme dans sa féminité, son désir et sa capacité à être mère… Combien de fois, en ostéopathie, voyons-nous des femmes en consultation pour des motifs divers, douleurs dans les jambes, troubles digestifs, migraines, crises d’angoisse, douleurs de dos et l’évaluation ostéopathique révèle un schéma de tension important au niveau du bassin, comme s’il était fixé, figé. Cette sensation particulière dans les tissus est presque toujours le signe d’un traumatisme physique ou émotionnel. En posant des questions à la patiente et en affinant le travail manuel ostéopathique, il est très fréquent de trouver que l’information principale du traumatisme se trouve au niveau du muscle utérin, la matrice utérine, et que tout le système d’équilibre pelvien, les ligaments utero- sacrés, les ligaments ronds entre autre, se trouvent comme tirés vers l’intérieur, entrainant un déséquilibre de toute la fonction pelvienne et par extension un déséquilibre global.

Bien sûr, c’est un exemple et tous les cas de figure sont possibles, mais il nous apparait particulièrement important que les femmes puissent être à l’écoute de leurs sensations et pouvoir consulter en entretien, en préventif, pour continuer à être en bonne santé.

Si vous avez la moindre question sur ce sujet ou la prise en charge en ostéopathie de la femme, vous pouvez écrire à l’adresse suivante: ju.wipff@gmail.com

Julie Wipff
Cabinet d’ostéopathie Villa Impériale

8 place du Général de Gaulle
60200 Compiègne.
03 44 37 04 97

Co-écrit par Florian Mandrillon, ostéopathe à Paris https://www.osteopathe-mandrillon.com/