Qu’est ce que l’endométriose ?
L’endométriose est une affection gynécologique qui touche une femme sur dix en âge de procréer. Ce chiffre pourrait même être revu à la hausse en raison du retard voire de l’absence de diagnostic.
Voici comment définir brièvement cette pathologie :
L’endométriose survient lorsque du tissu ressemblant à la muqueuse utérine se développe en dehors de l’utérus. Ce tissu peut se répandre dans le bassin et affecter divers organes, provoquant des douleurs, des adhérences, et d’autres symptômes. Cela entraîne une inflammation et la formation de tissu cicatriciel dans la région pelvienne et parfois dans d’autres partie du corps. (Source OMS)
Il existe plusieurs formes d’endométriose, décrites et publiées par la Haute autorité de santé et le Collège national des gynécologues et obstétriciens de France (CNGOF) en 2017.
Parmi elles on retrouve :
- l’endométriose superficielle où les lésions se retrouveront à la surface du péritoine ;
- l’endométriose ovarienne ;
- l’endométriose pelvienne profonde lorsque les lésions sont localisées plus profondément, à plus de 5mm de la surface du péritoine (touchant par exemple les ligaments utéro-sacrés, l’intestin, la vessie…)
- Enfin l’endométriose extra-pelvienne, pouvant donner des lésions au niveau du diaphragme.
On dit souvent qu’il n’y a pas une endométriose mais des endométrioses en raison de la variabilité et de l’intensité des signes cliniques. On pourrait citer parmi les symptômes les plus courants :
- douleurs pelviennes chroniques,
- douleurs pendant les règles,
- pendant les rapports sexuels (dyspareunie),
- douleurs au moment d’uriner (dysurie) ou de déféquer,
- ballonnements,
- fatigue…
- Et la liste n’est pas exhaustive.
A noter que ces symptômes peuvent s’atténuer à la ménopause, mais ce n’est pas toujours le cas.
Pourquoi a-t-on des douleurs en cas d’endométriose ?

Les douleurs en cas d’endométriose peuvent avoir des répercutions sur de nombreux aspects de la vie d’une femme
La présence d’endomètre ectopique (c’est à dire qui migre à distance de son organe d’origine) peut donner des douleurs de localisation et d’intensité très variables.
Localement, cet endomètre ectopique ou cette lésion d’endométriose peut irriter, abîmer, comprimer les terminaisons nerveuses adjacentes. Cela par sa seule présence, mais aussi par son caractère inflammatoire pendant la période des règles. Cette inflammation répétée participe à la sensibilisation du nerf et va rendre la douleur chronique.
Une autre conséquence de cet état sensible et inflammatoire est la réaction reflexe, des tissus autour de lui : ils vont se figer. Or tous les tissus du corps (muscles, fascias, tendons, viscères…) doivent être libres dans leurs mouvements et leurs plans de glissement. Si leurs mouvements s’altèrent ils perdent en qualité et ils deviennent douloureux.
« Ce qui est en vie est en mouvement ; la vie elle-même se manifeste sous forme de mouvement ». Rollin E. Becker ostéopathe
Prenons un exemple, comme toutes les structures du corps sont reliées entre elles, cette perte de mobilité localisée au niveau du bassin va se diffuser progressivement aux tissus adjacents. L’utérus et son système ligamentaire ( les ligaments utéro sacrés ) ainsi touchés par l’endométriose peuvent créer des perturbations au niveau du sacrum, des articulations sacro-iliaques, des vertèbres lombaires, des muscles psoas, carré des lombes, mais aussi sur les structures viscérales adjacentes tels que la vessie, le côlon, l’intestin grêle… Le caractère diffus de ces douleurs rend le diagnostic difficile, car le tableau pourrait également évoquer une autre pathologie, du dos, des intestins… Ce qui n’est pas le cas.
Souvent, les symptômes de la patiente peuvent sembler s’aggraver, donnant l’impression que l’endométriose progresse, alors que les lésions sont non-évolutives à l’imagerie. Dans ce cas, ce sont les tensions tissulaires qui en sont la cause.
En plus d’être douloureux, lorsqu’un organe perd en mobilité, il est perturbé dans sa fonction, pouvant donner par exemple une constipation, ou une difficulté pour aller uriner, une baisse de la fécondité.
Cette perte de mobilité des organes, en plus de donner des douleurs, altère leur fonction propre. Par exemple des lésions touchant le côlon sigmoïde peuvent donner des troubles intestinaux (diarrhée, constipation, rectorragie); des lésions sur les ligaments utéro-sacrés des douleurs pendant les rapport (dyspareunie profonde). Les lésions d’endométriose et leur évolution dans le temps créent des troubles de la fertilité chez la femme.
L’influence du système neuro-végétatif (SNV) dans l’endométriose
L’endométriose est une pathologie très réactive : les douleurs sont particulièrement influencées par l’état général de la personne, notamment son niveau de stress et ses conditions du moment (fatigue, état émotionnel…). Cette influence s’explique par la présence abondante du SNV au niveau du ventre et du petit bassin. Le système neuro-végétatif contrôle la vie des organes sans que nous ayons à y penser, et il est tellement important dans cette région qu’il a été appelé par certains le deuxième cerveau du corps. Si on voulait être tout à fait juste, il faudrait en fait l’appeler le premier cerveau, car le nombre de cellules nerveuses est plus importante dans le ventre que dans le cerveau tout entier.
Le SNV s’étale comme une grande toile d’araignée et donne des filets entre tous les organes dans les moindre recoins et les interstices de cette région. Comme le processus inflammatoire s’accompagne d’une accumulation de liquide au niveau des tissus, cela crée une pression très rapidement sur les terminaisons nerveuses, ce qui amplifie la douleur, comme on appuierait sur un interrupteur.
Il est connu que le SNV a des projections au niveau du cerveau dans des zones qui contrôlent également les émotions (système limbique, amygdale, hypothalamus). Voilà pourquoi les femmes atteintes d’endométriose peuvent être tellement sensibles, parfois « à fleur de peau ».
Et comment l’ostéopathie peut-elle aider pour soulager les douleurs d’endométriose ?

Par des manipulations douces, l’ostéopathe traite directement les tensions tissulaires et les pertes de mobilités liées à l’endométriose
Tout d’abord il est important de préciser que l’ostéopathie s’inscrit dans une démarche pluridisciplinaire du traitement de la douleur de l’endométriose. Votre gynécologue vous donnera les traitements adaptés qui vont limiter l’évolution de la maladie et pouvoir soulager la douleur.
Le traitement médical classique pourra être compléter par une prise en charge de kinésithérapie, ostéopathie, acupuncture, mais aussi la sophrologie, l’hypnose, le yoga, le pilates, l’activité physique en général. Des règles hygiéno- diététiques semblent aider certaines femmes.
L’ostéopathie a une place de choix dans l’accompagnement des femmes souffrant d’endométriose.
La Haute Autorité de Santé (HAS) mentionne l’ostéopathie dans les options thérapeutiques non médicamenteuses :
» L’acupuncture, l’ostéopathie et le yoga ont montré une amélioration de la qualité de vie chez des patientes ayant des douleurs liées à l’endométriose. » (HAS)
L’ostéopathie douce, biodynamique telle qu’elle est pratiquée au cabinet du Château par votre ostéopathe, a son action sur le système nerveux et est particulièrement adaptée à la prise en charge de l’endométriose.
Elle peut vous aider par des manipulations au niveau du bassin, des manipulations viscérales, fasciales, pour relâcher ces tensions et remettre du mouvement (voir article ostéopathie douce).
Ce mouvement, comme nous l’avons vu précédemment est capital pour que l’organe travaille correctement, que ce soit le système digestif, la vessie, les ovaires… En rétablissant le mouvement, on aide donc l’organe à retrouver un bon fonctionnement.
« LA STRUCTURE GOUVERNE LA FONCTION » A.T Still, fondateur de l’ostéopathie
C’est un des principes essentiels de l’ostéopathie établi par Still. Les structures du corps et les fonctions qu’elles doivent remplir sont interdépendantes : « Toute maladie remonte à quelque désordre mécanique dans la machinerie du corps humain ».
A noter également que l’endométriose entraine souvent des syndromes de congestion pelvienne, par sa répercussion sur le flux sanguin.
Là aussi, le traitement tissulaire de l’ostéopathe va beaucoup aider en améliorant la circulation des liquides à l’intérieur du corps.
Le traitement ostéopathique du diaphragme a également une place très importante lors des séances. Une des fonctions essentielle de ce muscle est le brassage, le massage interne des organes à chaque mouvement respiratoire. Il est donc particulièrement important qu’il bénéficie de toute son amplitude de mouvement.
Le traitement ostéopathique le plus adapté à la prise en charge de l’endométriose est une approche douce : il peut s’agir d’ostéopathie tissulaire, fasciale, crânio-sacrée, viscéral, biodynamique… L’ostéopathe écoute les tissus, suit les différentes tensions dans le corps avec ses mains, jusqu’à des points de libération, de relâchement. A travers celui-ci, le système nerveux s’apaise en profondeur et tous els liquides du corps (le sang, la lymphe) retrouvent leur circulation naturelle. Les toxines sont éliminées plus facilement, l’inflammation peut diminuer, en d’autres termes le corps retrouve progressivement sa capacité d’autoguérison.
« Le devoir du praticien n’est pas de guérir le malade mais d’ajuster une partie ou l’ensemble du système afin que les fleuves de la vie puissent s’écouler et irriguer les champs desséchés » A.T Still, Philosophie de l’ostéopathie
La plupart des techniques nécessaires se font par voie externe. Dans certains cas, des manipulations internes peuvent être conseillées mais celles-ci seront réalisées par une sage-femme ou un kinésithérapeute spécialisé.
En conclusion…
L’endométriose est une affection qui ne peut être envisagée sous un seul angle : c’est une pathologie multi-factorielle.
Les femmes qui en souffrent au quotidien doivent être entendues et soutenues de manière globale sur tous ces aspects par leurs praticiens pour espérer les accompagner au mieux.
Au travers du parcours de soin, la patiente apprendra à mieux se connaître. Par l’écoute de son corps, elle pourra progressivement mieux gérer la douleur et trouver des moyens d’agir elle-même pour son mieux être.
