Le cancer du sein est aujourd’hui le cancer le plus fréquent chez la femme. Les progrès de la médecine ont permis d’améliorer considérablement la prise en charge et le pronostic de cette maladie. Chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie et traitements hormonaux constituent les piliers de cette prise en charge.
Cependant, même lorsque la maladie est traitée, de nombreuses patientes décrivent encore différents symptômes qui peuvent persister pendant plusieurs mois, parfois plusieurs années.
Au cabinet, il n’est pas rare d’entendre des patientes évoquer :
- des douleurs après mastectomie
- une sensation de thorax raide, de bloc
- des tensions autour des cicatrices
- une mobilité diminuée de l’épaule
- une fatigue importante.
Ces manifestations ne signifient pas que la maladie est toujours présente. Elles sont le plus souvent liées aux conséquences mécaniques des traitements sur les tissus.
Dans ce contexte, certaines approches complémentaires peuvent contribuer à améliorer le confort des patientes et favoriser la récupération fonctionnelle. L’ostéopathie peut faire partie de cet accompagnement global, en complément du suivi médical et de la rééducation.
⚠️ Il est important de rappeler que l’ostéopathie ne traite pas le cancer et ne remplace en aucun cas les traitements médicaux et/ou chirgicaux.
Pourquoi certaines douleurs persistent après un cancer du sein ?

Après les traitements d’un cancer du sein, le corps a traversé plusieurs étapes importantes qui peuvent modifier l’équilibre des tissus.
La chirurgie entraîne nécessairement une cicatrisation. Cette cicatrice peut parfois modifier le glissement normal entre les différentes couches de tissus, créant ce que l’on appelle des adhérences. Les muscles, les fascias et la peau doivent alors s’adapter à cette nouvelle organisation.
La radiothérapie peut également provoquer des modifications de la texture des tissus. Certaines patientes décrivent alors une sensation de peau qui tire, de raideur ou de manque de souplesse dans la zone traitée.
À cela peuvent s’ajouter les adaptations posturales. Après une chirurgie, il est fréquent de protéger instinctivement le côté opéré. Cette attitude peut entraîner des tensions dans l’épaule, le haut du dos ou le cou.
Avec le temps, ces tensions peuvent provoquer :
- des douleurs cervicales
- des tensions dans les trapèzes
- des douleurs dorsales
- une gêne dans certains mouvements du bras.
L’ostéopathie peut alors avoir pour objectif d’améliorer la mobilité globale du thorax et des structures environnantes afin d’accompagner la récupération fonctionnelle, et de soulager certaines douleurs.
À quel moment consulter un ostéopathe lors d’un cancer du sein ?
L’ostéopathie peut intervenir à différentes étapes du parcours de soin. L’objectif n’est pas de remplacer les traitements médicaux mais d’accompagner le corps dans sa récupération, pour qu’il récupère mieux et plus rapidement.
Avant l’intervention chirurgicale
Lorsque le diagnostic est posé et qu’une chirurgie est programmée, il peut être intéressant de préparer le corps à cette intervention.
Une consultation ostéopathique peut permettre d’évaluer la mobilité :
- du thorax
- des côtes
- du diaphragme
- de la ceinture scapulaire.
Un thorax souple et mobile peut faciliter la respiration et limiter certaines compensations après l’intervention.
Ce travail de préparation peut également permettre au corps de mieux s’adapter aux contraintes mécaniques liées à la chirurgie et à la cicatrisation.
Les manipulations douces pratiquée par Julie Wipff et ses collègues au cabinet d’ostéopathie du Château à Compiègne, sont particulièrement adaptées à cette prise en charge.
Dans certains cas, ce travail peut être réalisé en complément d’un suivi par un kinésithérapeute.

Après la chirurgie du sein
La chirurgie du sein peut laisser différentes cicatrices selon l’intervention réalisée :
- tumorectomie
- mastectomie
- reconstruction mammaire.
Avec le temps, certaines cicatrices peuvent entraîner des adhérences entre les tissus. Ces adhérences correspondent à une perte de mobilité entre les différentes couches de tissus.
Les patientes peuvent alors ressentir :
- une sensation de tiraillement
- une gêne dans certains mouvements
- une tension dans le thorax ou l’épaule.
Une fois la cicatrisation suffisante, l’ostéopathie peut proposer un travail doux autour de ces zones afin d’améliorer la mobilité des tissus.
Même plusieurs mois ou années après une intervention, il est parfois possible d’améliorer la souplesse de la cicatrice.
Après une reconstruction mammaire
Certaines patientes décrivent après une reconstruction mammaire une sensation de thorax moins souple qu’auparavant.
Cette sensation peut être liée :
- aux cicatrices chirurgicales
- à la modification des tissus
- à l’adaptation du corps à une prothèse.
Lorsque la mobilité du thorax diminue, le corps peut compenser en sollicitant davantage les muscles du cou et des épaules.
Ces compensations peuvent parfois entraîner :
- des douleurs cervicales
- des tensions dans les trapèzes
- des maux de tête.
Le travail ostéopathique peut alors viser à restaurer une meilleure mobilité de la cage thoracique et de l’ensemble du haut du corps.
Radiothérapie et raideur thoracique
La radiothérapie peut provoquer certaines modifications des tissus dans la zone traitée.
Certaines patientes décrivent une sensation de peau plus sensible, une raideur du thorax ou une impression que les tissus tirent lors de certains mouvements.
Ces sensations peuvent apparaître pendant le traitement mais aussi persister plusieurs mois après la fin de la radiothérapie.
Des techniques ostéopathiques très douces peuvent être utilisées pour améliorer la mobilité des tissus et maintenir la souplesse du thorax.
Lymphœdème du bras
Lorsque des ganglions lymphatiques axillaires sont retirés lors de la chirurgie, la circulation lymphatique du bras peut être modifiée.
Dans certains cas, cela peut entraîner un lymphœdème du bras, parfois appelé « gros bras ».
Il s’agit d’une accumulation de liquide lymphatique dans les tissus du bras.
La prise en charge principale repose sur :
- la kinésithérapie spécialisée
- le drainage lymphatique manuel
- l’utilisation de manchons de contention.
L’ostéopathie peut intervenir en complément pour améliorer la mobilité du thorax, de l’épaule et de la région axillaire afin de limiter certaines contraintes mécaniques.
La respiration et le rôle du diaphragme
Le diaphragme est le principal muscle de la respiration. Il joue un rôle essentiel dans la mobilité du thorax et dans l’équilibre du corps.
Après une chirurgie ou durant les traitements, la respiration peut parfois devenir plus superficielle. Cela peut être lié à la douleur, à la fatigue ou à la posture adoptée pour protéger la zone opérée.
Une respiration plus ample permet de mobiliser la cage thoracique et de favoriser la détente musculaire.
En ostéopathie, un travail doux peut être réalisé pour améliorer la mobilité du diaphragme et faciliter une respiration plus ample.
Quelques conseils après la chirurgie du sein
Reprendre progressivement le mouvement
Avec l’accord du chirurgien, il est généralement recommandé de reprendre progressivement certains mouvements après l’intervention. Cela doit se faire en douceur, et être si possible accompagné.
Respirer profondément, mobiliser doucement les épaules et redresser la posture peuvent contribuer à maintenir une bonne mobilité du thorax.
Ces exercices doivent toujours être réalisés sans douleur et idéalement avec l’accompagnement d’un professionnel de santé.
Favoriser une bonne cicatrisation
Certains facteurs peuvent influencer la cicatrisation :
- le tabagisme
- l’alimentation
- la qualité du repos
- la mobilité des tissus.
Le tabac peut notamment ralentir la cicatrisation en diminuant l’apport en oxygène aux tissus.
CONCLUSION
L’ostéopathie ne se substitue pas aux traitements du cancer du sein.
En revanche, elle peut constituer un accompagnement complémentaire pour améliorer le confort des patientes et favoriser la récupération fonctionnelle après les traitements.
Dans une approche globale de la santé, la collaboration entre médecins, chirurgiens, kinésithérapeutes et ostéopathes peut permettre une prise en charge plus complète des patientes.
